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Humans of Morocco : un regard sur le Maroc d'aujourd'hui, plein d'émotions et d'intelligence (happyknowledge.com)

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Posté par ke

Humans of Morocco [HOM]: la vie de Marocains et de Marocaines en photos

HOM est d’abord l’histoire d’une amitié née sur Flickr entre deux amoureux de la photographie Ziri Ouchen et d’Abderrahman Amazzal qui ont fini par découvrir qu’ils habitaient le même quartier, séparés par quelques ruelles.

Comme tant d’autres, ils ont été inspirés par un photographe New Yorkais, Brandon Stanton, créateur du concept Humans of New York : l’idée étant de donner une image globale d’un endroit à partir de photos des gens qui y habitent.

La démarche est la même pour HOM : partir du micro, les photos, pour arriver au macro, l’image du Maroc.


Comment gagnez-vous votre vie ?

A. A.

La photographie est plus une passion qu’un travail pour lequel on est payés. c’est d’abord une façon de documenter la vie des marocains, de jouer sur les situations de la vie en essayant d’en décortiquer une histoire humaine.

Z.O.

La photographie ne constitue pas mon moyen de subsistance, c’est même une passion qui peut se révéler parfois fort coûteuse.


Comment en êtes-vous arrivé à la photo ?

A.A.

Le hasard fait bien les choses, une passion pour les images était présente tout au long de mes recherches sur le web ; l’insolite était ma plus grande passion et puis un jour je me suis offert un appareil photo numérique. Déambuler dans la rue à la recherche des fautes d’orthographe, de situations insolites étaient mon passe temps favoris.

Z.O.

Le commencement, c’était l’émotion ressenti devant le travail de grands photographes. Puis, l’achat d’un appareil photo s’est imposé à moi. La pratique m’a donné beaucoup de plaisir et ça dure jusqu’à maintenant.


Que vous inspire le projet Humans of New York ?

A.A.

L’idée de base dépasse le simple fait photographique pour aller dans le contact humain et l’échange basé sur les relations humaines. HONY nous inspire l’aboutissement d’une photographie engagée sans à priori qui laisse la parole ouverte aux participants.

Z.O.

La reprise de ce concept est née lors d’une de nombreuses discussions au sujet de la photographie que nous avons lors de nos rencontres périodiques. C’est pour nous comme un jeu auquel nous prenons beaucoup de plaisir.


Y a-t-il un projet “Humans of” autre que HONY qui vous impressionne ?

A.A.

Humans Of Spain, Humans Of Amsterdam et Humans Of Paris sont d’excellentes reprises bien faire. Le travail est excellent, les auteurs ont bien pris le concept pour en faire un travail photographique basé sur l’esprit HONY.

Z.O.

Comment faire mieux que HONY ?

A.A.

HONY est une approche personnelle des histoires humaines de New York. Il est possible de faire un “Humans Of” de sa ville ou de son pays selon une approche personnelle quand on est en symbiose avec la mentalité dominante et la culture dominante. Sur HOM on raconte des histoires marocaines pour le monde entier.


Comment choisissez-vous vos sujets ?

A.A.

L’idée est de sortir dans la rue pour se laisser inspirer par l’ambiance dominante dans un souk ou une artère de la ville. La base dans HOM est la pratique de photographie de rue, approcher les gens, discuter avec eux et avoir une histoire accompagnée d’une photo. Des fois, on se laisse inviter pour la prise d’une photo. Le marocain aime la photographie et il suffit que vous inspirez confiance aux gens pour que le jeu soit fluide.


La réalisation de portraits, quelles sont les plus grandes difficultés ?

Z.O.

Il est très difficile, de nos jour, d’approcher les gens. C’est encore plus difficile avec un appareil photo qui provoque parfois de la méfiance. Nous approchons les gens en leur demandant simplement de les prendre en photo avec explication de la finalité. Le plus important ce ne sont pas les mots. Bien au-delà : c’est le feeling, la sympathie et l’amitié. Un portrait, qui plus est, avec contexte, est éminemment une question de confiance partagée.
Nous avons essuyé bien entendu des refus mais avons fait de belles et marquantes rencontres dans le cadre de ce projet.


Y a-t-il un groupe plus facile à photographier ?

A.A.

Au Maroc, il est facile de photographier les jeunes ; photographier ou proposer une photo a un jeune est souvent pris avec bienveillance. Il faut dire que les jeunes sont plus ouverts à la photographie car ils ont grandis avec les médias sociaux.


Photographier les femmes, est-ce plus difficile ?

A.A.

C’est la chose la plus difficile dans la photographie au Maroc. Photographier/négocier une photographie d’une femme peut être pris pour du harcèlement. Là je parle d’une photo avec accord et non pas d’une photographie volée. Non photographier une femme pour HOM est une mission impossible surtout souvent je suis pris pour quelqu’un qui drague/harcèle. Demander une photo est des fois pris comme un compliment mais dés qu’il s’agit d’une photo qui sera publiée sur le web cette personne demande de supprimer la photo.


Y a-t-il des refus ?

A.A.

Y en a tellement que des fois ça te pousse à arrêter une fois pour toute mais la passion pour la photographie est plus forte. Quand les refus s’accumulent en une journée ça te pousse à la question : « Pourquoi je fais ça et pour qui ? ».


Les raisons derrière les refus ?

Z.O.

Une certaine pudeur je crois. La photographie est une nouvelle pratique que les gens, surtout la nouvelle génération, est en train dompter.


Racontez-nous un refus qui vous a marqué.

Z.O.

A Essouira, j’ai demandé à un vendeur ambulant de le prendre en photo. Sa réponse a été surprenante : « Moi, je ne suis qu’un humble bonhomme qui tente de gagner sa vie. Allez à la plage, vous y trouverez des gens qui méritent d’être pris en photo ».


Quelle est l’importance des citations ? Comment faites-vous ?

A.A.

La citation est le noyau central ; l’histoire prime sur la photo. Pour les retenir, j’ai un bloc-notes sur lequel je note les idées centrales. Il m’arrive aussi d’enregistrer une discussion sur mon téléphone. Pour obtenir la bonne citation, il faut laisser les gens parler, ne pas entrer dans un débat ; écouter et surtout regarder les gens dans les yeux.

Z.O.

Une citation permet de contextualiser la photo et d’orienter la lecture qui en est faite. Je crois qu’il faut poser les bonnes questions. Les questions que nous posons dépendent du sujet et de son environnement de vie. La richesse du sujet et de son contexte offrent de grandes ouvertures. En général, les citations sont assez courtes et marquantes pour être retenues. Dans le cas, contraire, une prise de note est nécessaire.





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